Le montant de la prime Ségur dépend principalement de votre secteur d’activité et de votre employeur. La revalorisation atteint généralement 183 € nets par mois dans le secteur public, associatif et médico-social concerné, contre 160 € nets par mois dans le privé lucratif. Ces repères ne suffisent toutefois pas à déterminer votre droit : l’établissement, la convention applicable, le métier exercé et la date d’entrée dans le dispositif peuvent modifier le versement.
Une revalorisation issue du Ségur de la santé
La prime Ségur désigne couramment les hausses de rémunération décidées dans le cadre du Ségur de la santé. Les accords du 13 juillet 2020 visaient à reconnaître l’engagement des professionnels de santé, du soin, de l’accompagnement et du médico-social, notamment après la crise sanitaire. Sur la fiche de paie, cette revalorisation ne prend donc pas toujours la forme d’une prime ponctuelle : elle peut apparaître comme un complément mensuel versé dans la durée.

Le dispositif a d’abord concerné largement la fonction publique hospitalière, les EHPAD et certains établissements sanitaires. Il a ensuite été étendu à d’autres structures sociales et médico-sociales par des accords et des arrêtés gouvernementaux. L’élargissement intervenu en 2021 a inclus de nouveaux établissements, sans supprimer les différences entre les professions, les employeurs et les conventions collectives.
Environ 1,5 million de professionnels sont concernés par ces revalorisations. Cette ampleur explique pourquoi l’expression « prime Ségur » recouvre des situations différentes. Une aide-soignante hospitalière, un accompagnant éducatif et social employé par une association ou un salarié d’un établissement privé lucratif ne relèvent pas nécessairement des mêmes règles de paie.
Montant de la prime Ségur : les repères à connaître
Le montant annoncé doit être lu avec attention. Il est souvent communiqué en net mensuel, alors que certaines lignes de paie ou discussions avec l’employeur utilisent une référence brute ou un coût pour la structure. Le tableau ci-dessous présente les montants habituellement indiqués selon le secteur.
| Secteur ou situation | Montant mensuel habituellement indiqué | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Fonction publique hospitalière et établissements publics concernés | 183 € nets | Le versement dépend de l’emploi et du périmètre de l’établissement. |
| Associatif, social et médico-social concernés | 183 € nets | La structure et les salariés doivent entrer dans le champ prévu. |
| Privé lucratif concerné | 160 € nets | Les accords applicables et les dates d’effet peuvent différer. |
| Référence employeur | 248 € bruts par mois, hors charges | Ce montant ne correspond pas à la somme nette reçue par le salarié. |
Net, brut et ligne de paie : éviter les mauvaises comparaisons
Comparer 183 € nets à une somme brute crée facilement un malentendu. Le net correspond au montant qui augmente directement la rémunération avant l’impôt sur le revenu, tandis que le brut sert de base à certaines cotisations et au calcul de la paie. Le coût employeur obéit à une autre logique. Pour vérifier votre montant de prime Ségur, consultez votre bulletin de salaire et recherchez une ligne intitulée « complément de traitement indiciaire », « revalorisation Ségur », « indemnité Ségur » ou une formulation proche.
Temps partiel, absence et contrat : ce qui peut modifier la somme
Le montant de référence correspond en principe à un temps plein. En cas de temps partiel, le complément peut être proratisé selon la quotité travaillée. Les règles applicables pendant un congé, un arrêt ou une arrivée en cours de mois dépendent du statut et du texte qui organise la revalorisation dans l’établissement.
Un salarié en CDD, en CDI ou titulaire ne peut donc pas déduire son absence de droit du seul type de contrat. Le poste occupé, l’employeur et le cadre collectif applicable sont les éléments à examiner en priorité. Le contrat de travail fournit une première indication, mais il ne suffit pas toujours à déterminer l’éligibilité.
Qui bénéficie de la prime, et pourquoi des salariés restent exclus
Les bénéficiaires potentiels travaillent principalement dans les établissements de santé, les EHPAD, le secteur social et médico-social ainsi que certaines structures associatives. Les métiers concernés peuvent inclure les soignants, les aides médico-psychologiques, les accompagnants éducatifs et sociaux et de nombreux professionnels participant à la prise en charge des personnes. La liste exacte varie toutefois selon le texte applicable à chaque structure.
- Les agents et salariés des établissements explicitement inclus par les accords ou les arrêtés peuvent percevoir la revalorisation.
- Les professionnels administratifs, techniques ou éducatifs peuvent être inclus lorsque le texte vise l’ensemble du personnel ou leur catégorie.
- Les salariés du privé lucratif peuvent relever d’un montant différent de celui appliqué dans le public et l’associatif.
- Les personnels d’organismes ou de services proches du champ sanitaire, comme certaines structures liées à la CAF, à la Carsat ou à la MSA, doivent vérifier leur convention et les décisions propres à leur employeur.
Les exclusions sont souvent difficiles à comprendre, car deux personnes travaillant auprès de publics similaires peuvent recevoir un traitement différent. Elles ne signifient pas nécessairement que le métier est considéré comme moins utile. Elles résultent souvent du périmètre juridique retenu, du financement de l’employeur ou de l’absence d’extension à une convention collective. L’arrêté d’extension du 6 août 2024 illustre ce fonctionnement : les droits évoluent selon les catégories et les textes, pas automatiquement pour tous les métiers proches.
L’application de la prime ressemble davantage à une mosaïque qu’à une séparation nette entre « soignants » et « non-soignants ». Chaque situation dépend de l’employeur, de la convention collective, de l’activité financée et de la date d’effet. Deux collègues exerçant une fonction comparable peuvent ainsi recevoir des montants différents si l’un travaille dans un établissement inclus et l’autre dans un service resté hors champ.
Pour obtenir une réponse précise, adressez-vous aux ressources humaines avec des questions concrètes : quel texte s’applique à l’établissement, quelle catégorie de personnel vise-t-il et depuis quelle date ? Cette vérification est plus fiable qu’une comparaison fondée uniquement sur le métier ou le montant perçu par un collègue.
Versement, rétroactivité et vérification de vos droits
La prime Ségur est habituellement versée chaque mois avec le salaire. Dans la plupart des situations, le salarié n’a pas de formulaire individuel à déposer. L’employeur applique la revalorisation lorsque le poste, l’établissement et le statut entrent dans le champ du dispositif. Une absence de versement peut toutefois révéler une erreur de paramétrage, une date d’effet non prise en compte ou un désaccord sur l’éligibilité du poste.
La rétroactivité dépend de la mesure qui vous concerne
Une régularisation peut être due lorsqu’une extension prend effet à une date antérieure à son application effective sur les bulletins de salaire. Certains salariés du privé ont ainsi pu relever d’une extension rétroactive au 1er janvier 2024. Cette possibilité ne rend pas la rétroactivité automatique pour tous les salariés : il faut identifier la date prévue par l’accord, l’arrêté ou la décision applicable à votre structure.
La régularisation apparaît souvent sur une ligne distincte et peut regrouper plusieurs mois. Si le montant versé ne correspond pas à votre attente, demandez le détail du calcul ainsi que la période couverte. La date d’effet et le taux de travail doivent notamment être vérifiés.
Une méthode simple pour contrôler votre situation
- Conservez deux ou trois bulletins de salaire récents et repérez toute ligne liée au Ségur ou à une revalorisation.
- Vérifiez votre quotité de travail, votre poste, votre établissement et la convention collective applicable.
- Demandez au service RH le texte ou la note interne qui justifie le montant versé ou l’absence de versement.
- Si une date d’effet antérieure est prévue, demandez le détail de la régularisation attendue.
- En cas de réponse insuffisante, rapprochez-vous de vos représentants du personnel ou d’une organisation syndicale avec vos bulletins et votre contrat.
Estimer l’impact réel sur votre rémunération
Pour obtenir une estimation rapide, partez du montant de référence de votre secteur et adaptez-le à votre temps de travail. À temps plein, 183 € nets par mois représentent 2 196 € nets sur douze mois. De leur côté, 160 € nets par mois représentent 1 920 € nets sur la même période. Ces calculs donnent un ordre de grandeur, sans remplacer la vérification du bulletin de salaire ni l’examen des règles propres à votre contrat.
À 80 % de temps de travail, une base mensuelle de 183 € correspondrait à 146,40 € avant toute particularité de paie. Une base de 160 € correspondrait à 128 €. L’ancienneté n’est pas, à elle seule, le critère central du droit à la prime. Elle peut influencer d’autres éléments du salaire, mais le complément Ségur dépend d’abord du champ de la revalorisation et de votre situation de travail.
Si le montant reçu est inférieur à celui que vous attendiez, ne comparez pas uniquement votre métier avec celui d’un proche ou d’un collègue. Examinez les éléments vérifiables : secteur public ou privé, activité lucrative ou non lucrative, convention collective, temps de travail, date d’entrée et périmètre de l’établissement. Cette comparaison permet de distinguer une différence normale d’une extension non encore appliquée ou d’une régularisation à demander.



